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Startup Weekend

Du 19 au 21 janvier dernier avait lieu le tout premier Startup Weekend en sol lavallois. L’événement s’est tenu au centre de formation continue du Collège Montmorency. J’ai eu l’honneur d’y participer à titre de membre du jury, y représentant à la fois Studio Pyxis et la Chambre de commerce et de l’industrie de Laval.

Il y avait une belle énergie pour cette première édition, l’animation authentique et dynamique de David Brouillette y étant certainement pour quelque chose.

En substance, un Startup weekend est un évènement d’entreprenariat où des gens de tous horizons se rencontrent pour partager des idées de création d’entreprises. Ils se regroupent en équipes selon les affinités de chacun et préparent des plans d’affaires de façon complètement émergente. Des coachs d’affaires sont disponibles pour épauler les équipes dans le développement de leurs idées tout au long du weekend. Ces « mini-plans d’affaires » sont ensuite présentés à un jury qui détermine des gagnants à la fin du weekend.

Dans ce cas-ci, de la vingtaine d’idées initialement proposées le vendredi soir (certaines spontanées, d’autres clairement plus réfléchies), neuf ont été retenues grâce au vote des quelques 44 participants de l’évènement. Le thème proposé pour le weekend était le commerce électronique.

 

Une bonne dose de courage

D’entrée de jeu, je désire reconnaître le courage incroyable dont les participants ont fait preuve en se prêtant à l’exercice. Leur capacité à plonger tête première dans l’inconnu, à se rendre vulnérables et à faire confiance à l’auto-organisation est digne de mention. C’est très courageux d’aller valider une solution avec des clients potentiels très tôt dans un processus de développement. C’est aussi une démarche typique du Lean Startup.

Personnellement, je n’ai participé qu’à la soirée de vendredi, pour ensuite revenir pour délibérer avec le reste du jury le dimanche soir. J’étais donc aux premières loges pour voir la magie opérer… Il est intéressant de voir à quelle vitesse les phases de développement d’une d’équipe peuvent se dérouler lorsqu’il y a de la pression (réf. modèle de Tuckman: Forming – Storming – Norming – Performing – Adjourning). Évidemment, les équipes n’étaient pas toutes au même point à la conclusion du weekend, mais une véritable cohésion s’était développée pour plusieurs d’entre elles. Fascinant!

 

L’univers technologique

Alors que le monde des startups est plutôt naturellement peuplé de passionnés de technologies, j’ai été surpris du petit nombre de professionnels en technologies présents à l’évènement. Mis à part quelques concepteurs web, la vaste majorité des participants était des gens d’affaires qui connaissaient bien le domaine qu’ils envisageaient d’attaquer. Est-ce le résultat du plein emploi en technologie? Ou s’agit-il un désenchantement des gens de TI face à une potentielle bulle de startups?    

La plupart des projets soumis utilisaient les technologies du web de façon plutôt traditionnelle, c’est-à-dire afin de créer de la fluidité dans leurs marchés respectifs par un accès simplifié à l’information et en favorisant la connexion entre les vendeurs et les acheteurs. Nous en conviendrons, c’est le point de départ de la plupart des solutions de commerce électronique.  Mais force est d’admettre que beaucoup de solutions ont vu le jour dans les dernières années et qu’il n’existe que très peu de marchés qui n’ont pas été explorés du tout.

On nous parle beaucoup « d’économie de partage », de collaboration et d’innovation perturbatrice.  Comment peut-on faire évoluer une solution pour devenir perturbateur dans un marché?  Plusieurs équipes proposaient des solutions intéressantes, mais qui devront affronter des obstacles énormes : recherche de financement patient, main-mise des joueurs présents dans le marché, cadre fiscal et réglementaire restrictif. Comment s’adapter et survivre jusqu’à ce que les conditions gagnantes soient en place? Jusqu’à ce qu’on ait trouvé le “bon” modèle?

 

La patience

J’ai apprécié le témoignage de mon collègue juré, Raff Paquin, en ouverture du weekend : « il faut être patient. » Derrière ce qui peut apparaître comme un succès instantané se cachent des années d’efforts, d’expérimentation et d’ajustements. Dans plusieurs cas, les histoires à succès que les médias nous présentent sont à des lunes des intentions initiales qui animaient les fondateurs.   

On ne peut bien sûr pas s’attendre à ce qu’une telle réflexion émane d’un weekend, si intense puisse-t-il être!  Mais il m’apparait important d’insister : l’idée qui émerge d’un startup weekend n’est fort probablement pas celle qui vous mènera au succès, elle n’est souvent qu’un premier pas dans cette direction.   

Fort de plusieurs expériences avec des startups technologiques, nous croyons que le succès passe par trois composantes essentielles : une connaissance approfondie du domaine d’affaires, une assise technologique évolutive, et… une patience d’enfer!

 

Référence du courrier Laval: http://www.courrierlaval.com/actualites/economie/2018/2/9/laval-rejoint-la-communaute-mondiale-des-startup-weekend.html

 

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